Charles-Marie

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INFORMATIONS

FRANCE 🇫🇷

Longueur hors-tout      : 24 m

Maître-bau                     : 5.5 m

Tirant d’eau                    : 2,5 m

Voilure                            : 200 m²

Année de lancement    : 1968

Armateur                        : Association Le Ponton / Esprit Grand Large

Port d’attache                : Granville

Présences Armada       : 2019, 2023

Histoire

Le Charles-Marie n’est pas un grand voilier venu de l’autre bout du monde. C’est un bateau de chez nous, né d’une histoire de famille et sauvé par une poignée de passionnés et c’est peut-être ce qui le rend si attachant.

Tout commence en 1968, au chantier Servain de Granville, quand Jean-Pierre Thélot fait construire le navire de ses rêves. Il lui donne les deux prénoms qu’il porte dans son cœur : Charles, celui de son père, et Marie, celui de sa mère, les mêmes que ceux inscrits sur le doris familial qu’il avait connu enfant. Le chalutier est robuste, pensé pour le travail : sa poupe arrondie en cul norvégien est conçue pour faciliter le maniement des chaluts latéraux et des lignes de traîne dans les eaux de la baie du Mont-Saint-Michel. Pendant trente ans, il pêche, il trime, il affronte le large.

En 1998, Pierre Berteau, qui avait embarqué mousse à 14 ans sur ce même bateau avant d’en devenir le capitaine, se fait construire un Charles-Marie II en polyester. L’original se retrouve alors sans avenir, menacé de finir à la casse. C’est l’association Le Ponton, basée à Agon-Coutainville, qui décide de le sauver. Au chantier naval Legueltel de Blainville-sur-Mer, le vieux chalutier est métamorphosé en voilier de charter, gréé en dundee à deux mâts avec des voiles au tiers. Un sauvetage artisanal, mené avec le savoir-faire d’un charpentier de marine et beaucoup de pugnacité.

Labellisé Bateau d’Intérêt Patrimonial depuis 2012, le Charles-Marie propose désormais des sorties en baie du Mont-Saint-Michel et aux îles Chausey, embarquant jusqu’à 26 personnes à la journée. Petit par la taille mais grand par l’histoire, il incarne à lui seul la mémoire vivante de la pêche normande.